L'"Appropriate Care" : une approche à encadrer

Les dépenses de santé représentent aujourd’hui 28 % des dépenses de sécurité sociale, soit 6,2 % du PIB. Il est donc légitime de veiller à une utilisation adéquate de ces moyens. Dans ce contexte, l’INAMI a introduit le concept d’“appropriate care”, défini comme la convergence entre le type de soins, leur mode de prestation et leur coût. Cette approche vise à améliorer la qualité et l’accessibilité des soins pour les patients, tout en évitant les dépenses inutile

L'
2026-07-09

Sur le principe, l’ABSyM partage cet objectif, essentiel pour garantir la soutenabilité et la durabilité du système de santé.

Néanmoins, plusieurs points appellent à la vigilance :

  • Un risque de normalisation des pratiques
    Les lignes directrices, par nature évolutives et collectives, pourraient limiter la prise en charge individualisée des patients, pourtant au cœur de la pratique médicale. Il existe un risque d’uniformisation des pratiques, au détriment de l’adaptation aux besoins spécifiques de chaque patient.
  • Une approche potentiellement trop punitive*
    L’ajout d’un deuxième outil de contrôle ne peut se résumer à une logique de sanction. Cette approche doit avant tout viser l’amélioration de la qualité des so

La position de l’ABSyM est claire. Nous soutenons la démarche mais cette évolution ne pourra être pertinente que si elle s’inscrit dans une approche constructive, reposant sur :

  • l’implication effective des prestataires de soins;
  • le développement d’évaluations par les pairs;
  • la responsabilisation du patient dans son utilisation des soins de santé;
  • une logique d’amélioration continue orientée vers des actions concrètes.

L’“appropriate care” ne peut être un simple outil de contrôle. Il doit constituer un levier d’amélioration continue, au service des patients et des équipes, sans réduire la médecine à une logique exclusivement économique.

L’ABSyM appelle dès lors à une évolution du dispositif afin d’éviter toute dérive vers une médecine standardisée et de garantir une approche équilibrée, collaborative et centrée sur la qualité, dans laquelle les médecins restent des acteurs responsables, et non de simples exécutants d’un cadre trop normatif.